Création de billets pour blog

Notre écologue, Pascal AUDA a rédigé 2 billets pour des blogs et pour les diffuser sur des réseaux parlant d’environnement :
https://www.actualites-news-environnement.com/
https://www.envea.com

Voici le premier billet :

Du vin à la pollution, il n’y a qu’un pas !

Les riverains de l’ancienne Distillerie de Saint-Maximin la Sainte-Baume viennent d’apprendre qu’un projet de relance est en cours (enquête publique jusqu’au 21 janvier 2019). C’est donc le moment de se poser la question : Est-il normal d’avoir ce type d’industrie dans un quartier résidentiel ?

La France et le Vin c’est une longue histoire. Les français sont fiers de consommer du bon vin, d’exporter de bons vins à l’étranger et d’avoir une diversité aussi importante de terroirs. Mais derrière chaque vigne, chaque terroir, chaque appellation, chaque coopérative,… il y a les résidus de l’exploitation vinicole. Ce marc de raisin est un déchet, assez encombrant et nauséabond. Alors que faire ? le composter ? l’épandre dans les champs ? le valoriser ? le distiller…. En voilà une idée ! C’est bien ! sauf si cela devient le cauchemar de riverains.

C’est ce qu’ont subi des riverains d’une Distillerie de Saint-Maximin la Sainte-Baume pendant des années jusqu’à 2015. Après quelques années d’arrêt, la Distillerie refait surface mais dans des proportions titanesques (réception de XXX tonnes de marc de raisin par jour, rejets de XXX litres d’effluents par jour,…). Pourtant, le quartier de la Régalette s’est étoffé, de nouveaux permis de construire ont été accordés, de nouvelles familles se sont installées,… Des centaines de résidence, des dizaines d’enfants, une école (présente à 300 m de l’usine), le parc pour enfants (présent à 700 m de l’usine)… Tous ces habitats n’auront pas le choix et devront subir. Alors que certains ont fermé les yeux lorsque le projet a été déposé, les riverains devront boucher leur nez.

Est-il normal de relancer une activité industrielle avec autant de nuisances olfactives, paysagères, parasitaires (développement de mouches), au niveau d’un quartier résidentiel ? Bien malin celui qui croyait que l’usine était définitivement arrêté ? Les nouveaux acquéreurs n’y ont vu que du feu ! Venez-vous installer dans ce nouveau quartier, à la campagne ; vous ferez la maison de vos rêves ? Un paradis qui a un coût : odeur changeante en fonction des vents ! Des cheminées fumantes 24h/24h, 7j/7j ! Des mouches en grande nombre empêchant de rester sur la terrasse !

Est-il encore normal, à notre époque, de brûler et rejeter des gaz et fumées (molécule chimique) dans l’atmosphère, à proximité de quartiers résidentiels ? Certains d’entre eux sont pourtant des gaz à effets de serre (XX), des gaz inflammables (XX), des produits cancérigènes (XXX) ? Et pourtant, ils seront relargués en toute impunité, en quantité notable dans notre environnement, notre belle Provence verte ? mais plus verte pour longtemps ?

Alors que nous réfléchissons à optimiser nos déplacements, est-il normal de faire venir à Saint-Maximin le marc de raisin de tout le Var, mais aussi des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse… ces déchets vont voyager sur des centaines de kilomètres pour venir se décomposer à Saint-Maximin la Sainte-Baume, aux portes du Parc Naturel Régional de la Sainte-Baume ! Des dizaines de camions vont transiter chaque jour, chaque semaine… pendant les vendanges, mais aussi tout le reste de l’année. Bref, le coût de la pollution, le coût du transport et le coût humain sera bien plus élevé que le produit valorisé.

Alors que le réseau Natura 2000 est à quelques kilomètres, avec le plus grand fleuve varois : l’Argens, est-il normal de rejeter XXX litres par jour dans un de ces affluents ? L’industrie est au pied du village de Seillons Source d’Argens, et comme son nom l’indique, c’est ici que l’Argens prend naissance. Mais rassurez-vous, l’évaluation appropriée des incidences réalisée par l’usine (conformément au droit européen) conclue à aucune incidence significative sur les habitats et espèces protégés au niveau européen. Mais qui est assez dupe pour y croire ? Déversez des litres d’effluents chaque jour dans sa partie amont, et vous serez sûr de polluer l’Argens sur près de 116 km voire même un peu de Mer Méditerranée.

Alors, la prochaine fois que vous boirez un verre de vin, aussi bon soit-il… alors, vous penserez à nous, à nos enfants… qui subiront à chaque verre les odeurs des déchets viticoles, les gaz des cheminées de la distillerie, les rejets dans les cours d’eau… Est-il normal de s’en inquiéter.

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